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Dimanche 29 mars 2009

Jeudi 19 mars, rendez-vous était pris à 16h30 (après la manifestation…) au Logis, à Saint-Bohaire (41).

Le Logis, c’est un centre éducatif pour enfants. Mais ce n’était pas l’objet de notre venue ce jour-là. Car le Logis est aussi la terre d’accueil de la première installation de phytoépuration réalisée en France. C’était en 1978, et sur les conseils de Mme Kate Seidel. Dr Seidel est la botaniste allemande qui, en observant le processus épuratoire spontané des rives ornées de végétaux aquatiques, a, la première, mis au point la phytoépuration.

Ainsi donc, non seulement nous allions visiter la filière pionnière, mais nous allions aussi bénéficier de l’expérience du technicien qui l’aura entretenue –et très bien- pendant une trentaine d’années.

 

 

Comme on peut le voir sur les photos prises à l’occasion, la filière conçue dans les années 70 n’est pas si différente de celles que nous pouvons réaliser dorénavant, du moins en assainissement non-collectif. Elle se compose en effet d’un premier étage de traitement de 3 lits à écoulement vertical, suivi de 3 filtres à écoulement horizontal ; nous proposons maintenant un filtre planté à écoulement vertical suivi d’un autre à écoulement horizontal. Certes, de nombreux détails techniques ont évolué, mais cela n’a été rendu possible que grâce à l’expérience acquise sur ces premières installations.

Un détail peut néanmoins attirer notre attention (davantage encore en été, quand les plantes sont hautes): les filtres horizontaux sont chacun plantés d’un macrophyte différent, le premier étant notamment planté d’une espèce importée d’Allemagne et supposée présenter des caractéristiques propres. Mme Seidel accordait une grande importance au choix des plantes utilisées. On sait désormais que ce n’est pas tant la plante en elle-même qui importe que sa capacité à créer des conditions favorables à un développement des bactéries épuratrices.

 

Aussi réussie et historique soit elle, la phytoépuration de Saint-Bohaire devrait être mise en pré-retraite dans les 3 ans à venir. Son rejet s’écoule dans la parcelle du château adjacent et son propriétaire n’est pas forcément des plus accueillants. Il est ainsi prévu que l’ensemble des rejets du Logis soit raccordé au réseau collectif.

Un triste sort pour une installation conçue par la « mère » de la phytoépuration, ayant reçu à maintes reprises la visite du Cemagref de Lyon et ayant, par la même, inspiré les bases de conception établies pour les stations d’épuration collectives, une filière qui peut dorénavant être apparentée à un musée vivant.

Par Sébastien - Publié dans : Choses et autres
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Dimanche 8 février 2009
"La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, celle des riches qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter.", Warren Buffet (première fortune mondiale avec...62 milliards de dollars)

Souvent, ce sont les bouches des puissants qui sont les plus à même d'énoncer clairement la vérité.
S'il en va ainsi pour l'Assainissement Non-Collectif, il peut être judicieux de relever ce que peut dire M. Christian Vignoles. M. Vignoles, les professionnels de l'ANC le connaissent; pour les autres, tentons la synthèse en disant qu'il est chargé du développement des petites installations d'assainissement à la direction technique de Véolia eau. A ce titre, mais aussi en raison de son expérience en la matière, il préside notamment la commission française de normalisation chargée de l'assainissement et pilote un certain nombre d'expériences comparatives de filières d'ANC.

L'objectif annoncé pour Véolia, à l'aune d'une époque de réhabilitation massive de dispositifs d'ANC, est de devenir, à terme, exploitant d'ANC sur 30 à 40% de ces installations. Le principe, plutôt astucieux disons-le, est déjà en phase d'expérimentation sur le bassin Adour-Garonne, avec le soutien de l'Agence de l'eau. Il s'agit de contractualiser, avec le particulier, la location et la maintenance de la filière épuratoire pour une durée de 15 ans à un coût de 30 €/mois, soit un montant total raisonnable de 5400 €. Le particulier en devient ainsi propriétaire à l'issue de ces 15 années.
On peut y objecter un certain nombre d'arguments, mais force est de reconnaître qu'un tel système présente de nombreux atouts pour le client, au premier rang desquels celui de ne pas avoir à investir lourdement pour son ANC.
A la présentation de ce principe, la première interrogation peut être la suivante: pourquoi le service public ne prend-il pas pleinement en charge cette question, tant sur l'évaluation des filières d'ANC que sur la gestion pour l'usager? La collectivité a en effet su le faire, notamment avec le Cemagref*, pour les systèmes épuratoires des petites communes.

Dans une entrevue donnée au très bon magazine Spanc Info de septembre 2008, M. Vignoles expose cette ambition de Véolia, d'où il ressort une analyse, sinon toujours juste, du moins très claire. Et avec un certain franc-parler. Morceaux choisis.
Ainsi, au sujet du montant d'une installation d'ANC: "Je demande à connaître le prix d'une réhabilitation. Aujourd'hui, je ne sais plus. Entre le prix catalogue et le coût complet incluant la mise en oeuvre, il y a de grosses nuances.". Quant au volet technique: "Mais il y a beaucoup de dispositis qui ne marchent pas sans qu'on ne voie quoi que ce soit! Déjà la fosse, qui est le plus facile, c'est compliqué. Quant au dispositif de traitement, personne ne sait comment le contrôler!", ou encore: "le Cemagref a calculé que, si on laisse l'effluent se répandre sans contrainte, à peine 10% de la surface du [filtre à] sable est utilisée", ou enfin: "Si vous appliquez une charge nominale à un filtre à sable, il sera proche de sa limite de vie au bout de 15 ans.".
Des vérités bonnes à dire, écrire ou entendre. Mais des vérités entrecoupées du discours de la transnationale. Poue exemple, à la question très légitime de la cohérence (et de la simple possibilité) d'être à de nombreuses reprises "contrôleur et contrôlé", on passe par de biens grosses affirmations: "Une grande entreprise est comme un grand immeuble, avec des cloisons entre les pièces. Ce sont des services différents: quand ils contrôleront les dispositifs que nous exploitons, nos contrôleurs ne vont pas se mettre la main devant les yeux!" pour conclure avec un risibe: "Mais pourquoi ces soupçons permanents? Respectons les professionnels qui font leur métier!". Mais oui, pourquoi donc? Des précédents? Et puis, bien évidemment, nous est servi le rituel "nous nous engageons à protéger l'environnement", ce défi industriel...

Clôturons cet article par ce qui concerne plus précisemment Epigétal, à savoir les filtres plantés de macrophytes: "nous rencontrons des particuliers qui sont en avance sur nous, notamment sur les systèmes plantés. C'est impressionnant, mais aussi un peu surprenant parfois: certains font pousser des plantes incroyables, mais ils font pour cela couler à l'air libre l'effluent non traité. Vous imaginez ce qui peut en résulter sur le plan sanitaire...". Un aspect de la technique important, et sur lequel il convient en effet de prendre des précautions. Rappelons par ailleurs que les filtres plantés permettent à l'usager une large autonomie, ce qui contrevient aux ambitions de Véolia dans le développement de cette nouvelle compétence. Comment en effet facturer un entretien alors que les quelques opérations à réaliser sont simples et accessibles? D'ailleurs, ce souci est contenu dans cette phrase de M. Vignoles: "la logique du service est influencée par la logique du produit, automatiquement. Si on laisse poser n'importe quoi, il est parfois impossible de vendre un service en aval.".
On ne saurait le dire plus clairement.
Par Sébastien - Publié dans : Choses et autres
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Jeudi 22 janvier 2009
Ici commence une trilogie consacrée au phosphore. Car ce qu'on ne peut nier avec le phosphore, c'est qu'il est de ces éléments qui comptent.

Membre du célèbre trio agronomique Les NPK, co-responsable de l'eutrophisation des rivières (sur l'eutrophisation, voir: link), il parsème aussi la littérature française. Ainsi avait-il embarqué à bord du Bateau ivre avec Rimbaud et se trouve-t'il élévé au rang de verbe dans la gouaille de San Antonio.

Mais le phosphore, c'est avant tout un élément chimique (dont on vient de revoir l'utilité pour la fertilisation et la littérature). Un élément chimique qui se distingue en cela de ses congénères qu'il ne présente pas de forme gazeuse (sauf si on titille). Il est entendu que l'évocation de "congénères" fait référence aux éléments chimiques principaux dans l'assainissement.


Le cycle ci-contre est incomplet en ce sens qu'il faut considérer les êtres humains parmi les animaux...et les vaches.





Ainsi le retrouvons-nous dans la phase liquide sous forme de phosphates essentiellement, et dans la phase solide sous forme de roches sédimentaires phosphatées (apatites majoritairement). La première forme est diffuse, la seconde l'est nettement moins et permettra une exploitation industrielle dans des carrières (nous reviendrons dans un prochain article sur cet aspect).

Cette exploitation répond à des besoins -discutables- de production et d'usages. Les usages principaux du phosphore sont en effet la production des fertilisants et des détergents.

Le particularisme du phosphore de n'avoir pour forme gazeuse qu'une combinaison très marginale le rend très difficile à éliminer dans les dispositifs d'assainissement. L'unique voie d'élimination, ou plutôt dans ce cas d'espèce de fixation et de concentration, consiste à transférer l'élément de la phase liquide vers une forme solide (boue ou sels minéraux appropriés).
Quand le phosphore parvient jusqu'au cours d'eau en grande quantité, soit en aval de stations d'épuration, a fortiori de mégalopoles, mais, le plus souvent, en raison d'un épandage agricole excédentaire, le risque devient grand d'y voir proliférer des algues. Ces algues vont consommer, outre azote et phosphore, beaucoup d'oxygène et, par la même, asphyxier le cours d'eau et sa vie intrinsèque.
C'est l'eutrophisation, phénomène pour lequel, en eaux douces, le phosphore est le facteur limitant...

Par Sébastien - Publié dans : Matériel & Méthode
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Vendredi 21 novembre 2008

Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) fait partie des programmes et fonds de l'ONU. Il oeuvre notamment à l'amélioration de l'assainissement dans les pays où son absence se fait cruellement sentir (selon l'ONU, un enfant meurt toutes les 20 secondes du fait d'une absence ou d'un mauvais assainissement).


Cet organisme international fait le bilan suivant: notre schéma conventionnel WC - tout-à-l'égout est davantage un problème qu'une solution. Il s'avère en effet trop cher pour la plupart des populations, difficile à contrôler et sensible à touts les types de crises. La charge est lourde!

C'est donc à l'assainissement écologique que cette autorité accorde sa faveur. Voici en effet la page dédiée à cette thématique et que vous trouverez avec ce lien: link. Pour une traduction en français, voir ici: link

On retiendra notamment ce passage:


"L'assainissement écologique est fondé sur les principes suivants:


- Prévenir les maladies: doit être capable de détruire ou d'isoler les germes pathogènes

- Protéger l'environnement: doit éviter les pollutions et préserver une ressource en eau de qualité

- Rendre des nutriments: doit rendre au sol les nutriments de la plante

- Etre culturellement acceptable: doit être culturellement acceptable, et compatible avec les valeurs sociales et culturelles

- Etre appropriable: doit être facile à construire et suffisamment robuste pour être entretenu aisément dans un contexte local

- Etre adapté: doit correspondre aux besoins de tous les membres de la famille en considérant le sexe, l'âge et le statut social

- Etre bon marché: doit être accessible à tous les habitants de la communauté "


Des principes auxquel seraient bien inspirés de souscrire les pays du Nord eux aussi.


Par Sébastien - Publié dans : Choses et autres
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Vendredi 21 novembre 2008
Peut-être ne le saurez-vous pas mais l'année 2008 a été déclarée par l'Assemblée générale des Nations Unies Année Internationale de l'Assainissement.

Le Secrétaire générale de l'ONU a souligné le lien entre l'accès à l'assainissement et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Le but est en effet d'améliorer la prise de conscience et d'accélérer la mise en oeuvre de dispositifs d'assainissement pour réduire de moitié, avant 2015, la proportion des 2,6 milliards de personnes sans accès à l'assainissement de base. Objectif ambitieux donc, mais objectif réalisable. Et le communiqué de l'ONU ne manque pas de le préciser:
"Le coût annuel estimé de 10 milliards de dollars pour réduire de moitié les personnes privées d'assainissement de base avant 2015 (...) est modeste et abordable. S'il est soutenu, le même investissement pourrait procurer un assainissement de base pour le monde entier en une ou deux décennies. Cette somme est inférieure à 1% des dépenses militaires mondiales en 2005, un tiers des dépenses mondiales estimées sur l'eau en bouteille ou environ autant que ce que les européens dépensent en glaces chaque année."

10 milliards par les temps qui courent, c'est une somme que l'on sait rapidemment trouver pour d'autres...
Par Sébastien - Publié dans : Choses et autres
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