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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 18:04

Héritières d'une vision éculée de la mobilité, outils incontournables d'un projet de société porté par la voiture et la vitesse, les projets d'autoroutes sont combattus de façon croissante, et pas uniquement sous l'effet Nimby ("Not in my backyard").

 

Quelques exemples:link, link ou encore link

Autoroutes

Illustration tirée du site Photos Libres

 

Or, s'il est un bon point à mettre au crédit de ces infrastructures, ce peut être que, du fait de l'isolement de ses "aires de repos", les filières végétalisées ont pu rapidement s'y implanter et, par la même, bénéficier d'une large visibilité auprès d'un public non nécessairement acquis. Certaines y proposent même des toilettes sèches.

Sans discuter de l'opportunité ou non qu'il y a pu y avoir à apporter un volet écologique dans un ensemble qui rompt avec tout équilibre écologique, le question peut dorénavant se poser plus serainement. Les filtres plantés sont plébiscités par les collectivités rurales pour l'assainissement de leurs eaux usées, nous travaillons à ce que ce puisse être le cas pour les habitats individuels aussi, et la reconnaissance technique et conceptuelle est désormais largement répandue.

 

Ce qui est encore plus répandu, c'est l'immense opération de greenwashing sur tout, pour tout produit, menée par d'incontournables services internes de développement durable. Les promoteurs autoroutiers n'y font nullement exception, cette dépêche AFP du 25 janvier 2010 (link) en témoigne:

 

"Nous allons remplacer les fosses septiques des aires contre des toilettes plus économes." Pierre Coppey, Directeur de Vinci Autoroutes France

"Les sociétés d'autoroutes filiales de Vinci et Sanef, qui exploitent plus de la moitié des tronçons concédés au secteur privé, se sont engagés lundi à investir plus d'1 milliard d'euros pour "verdir" ceux-ci, en échange d'un allongement d'un an de leurs concessions respectives."

 

La question se pose alors simplement: devons-nous contribuer à cette opération quand elle se présente? Ma réponse est que non.

Nous avons mieux à faire, assurément. 

Par Sébastien
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 18:51
Difficile d'être crédible dans la position de critique d'un livre quand on en connait personnellement les auteur-e-s. Mais voyant que d'autres ne s'en émeuvaient pas pour commenter les derniers opus de BHL, je m'y autoriserai, exceptionnellement.

Comme gage de bonne volonté, commençons par un léger bémol. Tel qu'il est intitulé, on pourrait attendre de ce livre que soient davantage développées les pages de présentation des toilettes sèches et qu'elles figurent en page de couverture. Ce n'est pas le cas même si les structures vers lesquelles se tourner pour cela sont données.
Et c'est d'ailleurs le grand mérite de cet ouvrage que de dresser un tour d'horizon de l'assainissement non-collectif et de ses techniques pour mieux définir ce que peut être un assainissement écologique. Les filtres plantés y figurent très logiquement en bonne place, les deux auteur-e-s étant, avec Alain L'Hostis dont on soulignera la pertinence de l'avant-propos, cofondateurs du réseau Aquatiris.

On peut aussi y lire avec intérêt une brève histoire de l'assainissement. Assumant la logique intellectuelle qui veut que l'on questionne l'histoire d'une technique et la fabrique d'un système pour être mieux fondé à en développer une autre approche, il n'est pas ici fait l'économie d'un historique, certes bref, de l'assainissement. Deux courts extraits me paraissent synthétiser la réflexion apportée sur ce point:
- "Dans notre société, l'histoire du traitement des eaux usées est "intimement" liée à la concentration démographique" (p.1)
- "L'assainissement a évolué au gré des nuisances, des épidémies et de la recherche de confort. L'ironie du sort est que ces améliorations ont conduit à la dégradation des milieux récepteurs" (p.3)

De surcroît, loin d'être un détail, ils auront eu (et l'éditeur aussi) le mérite de la patience en attendant la parution de la nouvelle réglementation.
Assainissement écologique
Pour terminer, petit conseil. N'arrêtez pas votre lecture avant la conclusion, véritable condensé des valeurs à défendre pour un assainissement écologique: simplicité - qualité - fertilité

Pour vous le procurer, rendez-vous chez votre libraire ou en suivant ce lien: link

L'Assainissement écologique, Edwige Le Douarin & Martin Werckmann, éd. Eyrolles, 2009.
Par Sébastien - Publié dans : Coin lecture
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 08:42
Alors qu'en ce jour neigeux les députés voteront l'enterrement de La Poste comme service public (aussi appelée ouverture de capital), il n'est pas besoin dans ce billet de revenir sur les motivations pour s'y opposer (mais si besoin, lire ici: link).
Les premières manoeuvres de la Commission européenne, avalisées par les gouvernements français, pour aboutir à la privatisation du service postal commencent à dater, avec par exemple l'ouverture du marché à la distribution des envois de plus de 100 g en 2003.
Les équipes dirigeantes de La Poste ont bien intégré cette perspective en élargissant leurs produits, avec pour objectif final de faire débourser davantage à l'usager s'aventurant dans l'agence: gadgets vendus dans les files d'attente, proposition systématique des serices les plus onéreux (enveloppes prêt-à-poster, orientation vers Chronopost, déménagement avec le Pack ma nouvelle adresse, etc). Le tout pour une qualité de service dégradée, avec des salarié-e-s massivement remplacés par des écrans plasma publicitaires.

Et voici enfin le type de développement proposé aux nouveaux créateurs d'entreprises:

La Poste
A l'instar de la SNCF, La Poste semble se choisir pour clientèle privilégiée, car rentable, celle des entreprises. Non pas qu'elle ne doive pas leur rendre des services, mais l'accuentuation de la différence entre les traitements réservés à ces dernières ceux destinés aux simples usagers est devenue palpable.

Par Sébastien - Publié dans : Actualité
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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 17:07
Amnesty International publie ce mardi 27 octobre un communiqué de presse édifiant. Le sujet: la situation faite aux Palestiniens par les autorités israëliennes en matière d'approvisionnement en eau. Son titre: "Israël et territoires palestiniens occupés. Israël ne laisse filtrer qu'un mince filet d'eau pour les Palestiniens."
Morceaux choisis:

"Quelque 450 000 colons utilisent autant, sinon plus, d'eau que l'ensemble de la population palestinienne estimée à 2,3 millions."
"Tandis que la consommation d'eau des Palestiniens s'élève à peine à 70 litres par personne et par jour, celle des Israëliens dépasse 300 litres par jour, soit quatre fois plus."

Pour la lecture du communiqué, voir ici: link
Par Sébastien - Publié dans : Actualité
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 10:41
Pour mémoire

Historiquement, en France, la filière épuratoire dite de Filtres Plantés de Macrophytes - ou phytoépuration - a été développée par les travaux importants d'un organisme public de recherche, le Cemagref, eux-mêmes largement inspirés de la prescience et des réalisations du Dr Kate Seidel, dont celles de Saint-Bohaire (lire Saint-Bohaire, une phytoépuration pionnière).
Le relai aura ensuite été pris par des bureaux d'études (Sint, Atelier Reeb,...) pour améliorer et implanter ce procédé rustique sur le territoire.
Filière technique sujette à une multitude de variations dans ses détails, le brevetage, s'il a parfois été pratiqué à dessein commercial, ne s'en est révélé que plus superflu. Il n'est pas peu important de dire que cette ouverture à tous aura profité au plus grand nombre, tant il est vrai que chacun bénéficie dorénavant des apports et trouvailles astucieuses de tel ou tel autre.

Quid de la phytoépuration dans le nouvel arrêté?

Après la 6ème édition des Assises de l'Assainissement Non Collectif  (ANC) à Evreux, les arrêtés encadrant la profession ont été publiés au Journal Officiel (link), et il sera exclusivement fait mention ici à celui fixant les prescriptions techniques applicables aux installations d'assainissement non-collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5.
En préambule, on peut d'ores et déjà se satisfaire des modifications notables apportées au sort de la phytoépuration. Souvenons-nous en effet de cette phrase qui nous compliquait sérieusement la tâche.
Article 3, alinéa 5 (link): "Les installations mettant à l'air libre ou conduisant au ruissellement en surface de la parcelle des eaux usées brutes, prétraitées ou traitées, sont interdites".
C'était il y a un an, la version présentée aux Assises de l'ANC 2008, puis diffusée à la Commission européenne.
Dans ce nouvel arrêté, dorénavant en application donc, on n'extraira pour les besoins de cet article que deux points, ceux explicitement ou implicitement relatifs à la phytoépuration:
  • Art. 2, alinéa 5: "Les installations mettant à l'air libre ou conduisant au ruissellement en surface de la parcelle des eaux usées brutes ou prétraitées doivent être conçues de façon à éviter tout contact accidentel avec ces eaux et doivent être implantées à distance des habitations de façon à éviter toute nuisance".
Au regard de la copie rendue en 2008, on ne peut considérer sur ce point le millésime que bien meilleur, nettement moins bouchonné. C'est incontestablement, toilettes sèches mises à part (art. 17), le point positif du texte.

  • En général, quand une phrase se termine à la manière de la précédente, c'est pour embrayer sur plus douloureux. Alors en route! Et la route est longue. A l'heure actuelle, cette voie est amenée à être empruntée par deux usagers: la phytoépuration et les microstations (dans leur acception la plus large de cuves enturbinées). Mais quand ces derniers sont invités à rouler sur un boulevard, le chemin des premiers relève davantage du sinueux raidillon montagnard...
La procédure de validation des procédés autres que ceux décrits dans l'arrêté est clairement énoncée dans ses annexes 2 & 3. Deux annexes et l'emploi du pluriel apparaît nécessaire à l'évocation de la méthode:

- La première procédure concerne les dispositifs marqués CE. Après un intense lobbying, à Bruxelles, sur les bancs du Sénat (lire Spanc Info n°8, mars 2009, ou link), et partout, les fabricants de microstations auront donc obtenus que leur soit réservé un sort enviable: une "Procédure d'évaluation simplifiée" (annexe 3), simple dossier papier à déposer pour signature.
Et ce alors même que les travaux menés par Véolia sur la plateforme du CSTB indiquent clairement des faiblesses et des insuffisances (des inappropriations?) de la plupart de ces procédés après trois années d'essais (prochainement consultable ici: link).

- La seconde s'applique aux autres procédés, c'est-à-dire, en l'état, uniquement à la phytoépuration (considérée au sens large, étant bien entendu que de grandes différences de configurations techniques  -voire de divergences de vue- existent parmi ses promoteurs). Le protocole est consultable à l'annexe 2 de l'arrêté.
Sans s'apesantir sur les aspects techniques des essais auxquels seront soumis les filières, notons en la durée. Dans la configuration la plus optimiste, ce sinueux raidillon pourrait être franchi en un peu plus d'une année. La montagne, ça nous gagne...

Objections

Le débat sur les microstations n'est pas l'objet de ce billet. On évitera donc soigneusement de s'y attarder
, non sans noter que la différence de traitement a quelque chose de choquant.

Considérons d'ailleurs ce traitement et objectons lui les griefs que, à mon humble avis, il mérite et en particulier du fait des conséquences qu'implique la méthodologie retenue:


- Son coût, venons-y directement. Annoncé entre 50000 € et 60000 €, ce passage sur plateforme est financièrement très lourd. Car il s'agit bien ici de faire valider une filière, et non un produit manufacturé sur laquelle la marge se fait plus substantielle...Ce montant engendrera une sélection stricte des acteurs de la phytoépuration, selon leur capacités financières, probablement dommageable à la filière.


- Sa durée peut s'avérer pénalisante pour son pétitionnaire qui, pour exister et financer ces essais, se doit de travailler parallèlement. Sans cette dernière condition, la lourdeur du protocole pourrait ironiquement engendrer sa propre rupture en cours, faute de finances et d'acteurs pour le solliciter. On peut en appeler sur ce point à la souplesse de spancs en l'attente du si prisé agrément...


- Sa rigidité, dans la conception technique des ouvrages. Seules seront de fait agréées les filières ayant pu, telles que réalisées alors, passer avec succès les nombreux essais. On risque donc là de freiner considérablement, et à contre-courant de la manière dont s'est développée la technique en France, l'innovation technique et les bienfaits qu'on peut en attendre (diminution des coûts, amélioration du fonctionnement, amélioration de l'écobilan,...)


- Sa méthode en elle-même, car c'est bien là le point qui agglomère les trois précédents. Des installations de phytoépuration en ANC, on peut, sans prise de risque aucune, affirmer qu'il en existe quelques centaines sur le territoire, toilettes sèches ou pas, déclarées ou non, avis favorables ou défavorables. Des installations pilotes potentielles, il n'en manque donc pas avec, pour les moins récentes, un recul de plusieurs années certainement intéressant et exploitable techniquement et scientifiquement. Avec, pour toutes, des données valables et réalistes puisque en situations réelles.

Sûr que la procédure, quoique pas nécessairement moins longue, en aurait été moins onéreuse et tout autant valable. Rappelons à ce sujet que des acteurs de la phytoépuration ont su s'organiser et anticiper ce besoin de résultats fiables (voir les travaux de l'association Eau vivante: link, et surtout ceux d'Aquatiris: link). Dans l'esprit de beaucoup, l'enjeu était désormais moins de prouver des performances épuratoires que de valider des mesures de protection sanitaire satisfaisante eu égard à la présence d'eaux usées en surface.

On pourrait parallèlement imaginer un suivi particulier des modifications apportées aux filtres, ouvrant ainsi la voie à une dynamique d'amélioration permanente selon les critères définis plus avant.

 

 

Si la phytoépuration se trouve en bien meilleure configuration qu'elle n'avait pu l'être en 2008, elle ne s'en trouve donc pas moins placée en régime d'exception, et un régime plutôt lourd et enkylosant.




Par Sébastien - Publié dans : Réglementation
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