Les lieux. Histoire des commodités

Publié le 3 Février 2011

En complément du dossier spécial de la revue S!lence (link) intitulé "Et merde", voici un conseil de lecture d'un livre de référence qui a été réédité dernièrement.

Et merde

 

 

"Au temps de la libre pissette", "Quand soufflent les derniers « Zéphirs »", "La fin de l’art de chier". Ainsi s’intitulent, non pas des aventures inédites de San Antonio, mais quelques uns des chapitres du livre de Roger-Henri Guerrand, Les lieux. Un ouvrage certes issu d’un travail d’historien. Mais aussi le produit d’un amoureux de l’écrit et de la bonne formule. Dans sa préface à l’édition de 2009, Thierry Paquot résume : "Avec lui, les archives palpitent, s’emportent ou se plaignent, rient à pages déployées ou bien se font sombres et graves, bref, elles sont incarnées.".

 

Et c’est avec cette patte que l’auteur nous livre une Histoire des commodités. Une histoire et nonLes lieux pas l’Histoire des toilettes car l’ouvrage situe son champ d’étude en France, et même essentiellement à Paris.

Un choix pertinent : le Paris –dont on revit le cloaque qu’il a pu être avec le tout-à-le-rue du Moyen-Age- aura probablement été le laboratoire du tout-à-l’égoût citadin, notamment sous l’impulsion du préfet Poubelle qui, en 1877, rend obligatoire l’usage de la chasse d’eau[1].

On peut ne pas suivre l’analyse de Roger-Henri Guerrand qui aborde cette décision sous le titre "Une loi liberticide", quand effectivement la densité de population urbaine fait se confronter liberté individuelle et préservation du bien commun. Des questions terriblement d’actualité pour qui connaît le domaine de l’assainissement non-collectif.

 

L’assainissement écologique invite à se positionner à la confluence de ces deux préoccupations, afin de se prémunir du fait que, comme il est écrit en quatrième de couverture, quand "hygiénistes, urbanistes et architectes s’occupent sérieusement des « commodités », la répression corporelle et par conséquent sexuelle s’en trouve renforcée."

 

En s’attaquant à "l’ordre sexuel bourgeois", aux "ennemis de la libre pissette et de la franche pétarade", en restituant ce travail historique agrémenté d’anthropologie, Roger-Henri Guerrand nous donne des outils pour déconstruire le tabou des excréments.



[1] Lire aussi à ce sujet l’article de Maggie Black, En 1858, la grande puanteur de Londres, dans le numéro de Janvier 2010 du Monde diplomatique (link)

Rédigé par Sébastien

Publié dans #Coin lecture

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