Un brin de phosphore: les présentations

Publié le 22 Janvier 2009

Ici commence une trilogie consacrée au phosphore. Car ce qu'on ne peut nier avec le phosphore, c'est qu'il est de ces éléments qui comptent.

Membre du célèbre trio agronomique Les NPK, co-responsable de l'eutrophisation des rivières (sur l'eutrophisation, voir: link), il parsème aussi la littérature française. Ainsi avait-il embarqué à bord du Bateau ivre avec Rimbaud et se trouve-t'il élévé au rang de verbe dans la gouaille de San Antonio.

Mais le phosphore, c'est avant tout un élément chimique (dont on vient de revoir l'utilité pour la fertilisation et la littérature). Un élément chimique qui se distingue en cela de ses congénères qu'il ne présente pas de forme gazeuse (sauf si on titille). Il est entendu que l'évocation de "congénères" fait référence aux éléments chimiques principaux dans l'assainissement.


Le cycle ci-contre est incomplet en ce sens qu'il faut considérer les êtres humains parmi les animaux...et les vaches.





Ainsi le retrouvons-nous dans la phase liquide sous forme de phosphates essentiellement, et dans la phase solide sous forme de roches sédimentaires phosphatées (apatites majoritairement). La première forme est diffuse, la seconde l'est nettement moins et permettra une exploitation industrielle dans des carrières (nous reviendrons dans un prochain article sur cet aspect).

Cette exploitation répond à des besoins -discutables- de production et d'usages. Les usages principaux du phosphore sont en effet la production des fertilisants et des détergents.

Le particularisme du phosphore de n'avoir pour forme gazeuse qu'une combinaison très marginale le rend très difficile à éliminer dans les dispositifs d'assainissement. L'unique voie d'élimination, ou plutôt dans ce cas d'espèce de fixation et de concentration, consiste à transférer l'élément de la phase liquide vers une forme solide (boue ou sels minéraux appropriés).
Quand le phosphore parvient jusqu'au cours d'eau en grande quantité, soit en aval de stations d'épuration, a fortiori de mégalopoles, mais, le plus souvent, en raison d'un épandage agricole excédentaire, le risque devient grand d'y voir proliférer des algues. Ces algues vont consommer, outre azote et phosphore, beaucoup d'oxygène et, par la même, asphyxier le cours d'eau et sa vie intrinsèque.
C'est l'eutrophisation, phénomène pour lequel, en eaux douces, le phosphore est le facteur limitant...

Rédigé par Sébastien

Publié dans #Matériel & Méthode

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